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Thibault Kibler (SKEMA 2019), cofondateur d’Atypique : "Nous voulons prouver que l’anti-gaspi peut être rentable"
Diplômé du programme ITEEM, fruit d’un partenariat entre SKEMA et Centrale Lille (école d’ingénieurs) Thibault Kibler a toujours eu l’âme d’un entrepreneur. Après un début de carrière dans le conseil et des expériences à l’international, il décide d’obliquer et de donner du sens à son parcours en s’attaquant à un enjeu majeur : le gaspillage alimentaire. Il cofonde Atypique en 2021, une startup qui veut offrir une autre voie aux légumes moches que celle de la poubelle.
Thibault, vous êtes diplômé de l’ITEEM (SKEMA/Centrale Lille) et ingénieur de formation. Comment en êtes-vous venu à co-fonder Atypique ?
J’ai toujours eu cette envie d’entreprendre. Après mes études, j’ai fait plusieurs stages à l’étranger, notamment à Londres, puis j’ai travaillé comme consultant pendant un an. Mais ce n’était pas suffisant, je voulais me lancer dans un projet qui avait du sens.
C’est à ce moment-là que j’ai vu une annonce postée par Simon Charmette, mon futur associé, qui cherchait quelqu’un pour l’accompagner dans un projet d’anti-gaspillage alimentaire. On a échangé en visio et ça a tout de suite matché. Nos visions étaient alignées et nous avons décidé de nous associer pour lancer Atypique en 2021.
Le projet Atypique a évolué depuis ses débuts. Quel était le concept initial ?
À l’origine, on voulait créer une marketplace pour faciliter la revente des fruits et légumes invendus. Mais on s’est rapidement rendu compte que ça ne prenait pas au niveau des clients. Il fallait une solution plus directe et adaptée aux besoins du marché.
Notre mission est d’aider les producteurs à valoriser au maximum leur récolte et de limiter le gaspillage alimentaire
On a alors pivoté vers un modèle B2B en structurant une offre autour des producteurs, des restaurations collectives et des événements sportifs. Aujourd’hui, nous collectons des surplus alimentaires et des produits déclassés pour les revendre à prix réduit aux professionnels.
Concrètement, comment fonctionne Atypique et quels services proposez-vous ?
Nous sommes un grossiste à service complet, spécialisé dans la distribution de fruits et légumes déclassés, frais, français et de saison. Notre mission est d’aider les producteurs à valoriser au maximum leur récolte et de limiter le gaspillage alimentaire en privilégiant les circuits courts et en réduisant les intermédiaires.
Nous livrons directement des restaurations collectives – restaurants d’entreprise, scolaires, médicaux et sociaux –, ainsi que des restaurations commerciales comme les hôtels, traiteurs, épiceries et collectivités. Nous disposons de deux entrepôts stratégiques, situés à Lyon et Paris, qui nous permettent de couvrir près de la moitié du territoire français. Pour assurer une livraison fiable et de qualité, nous collaborons avec une entreprise experte en logistique, ce qui nous permet d’acheminer des fruits et légumes frais en A pour B, sur les créneaux de livraison préférés de nos clients.
Pourquoi l’anti-gaspillage est-il un enjeu majeur pour les producteurs ?
Le gaspillage alimentaire représente un vrai manque à gagner pour eux. En France, 11 % de la production de fruits et légumes est jetée chaque année, soit 1,1 million de tonnes perdues. Cela équivaut à un milliard d’euros de pertes pour les producteurs. Avec Atypique, nous proposons une alternative économique et écologique : au lieu de jeter, ils peuvent valoriser leurs produits et générer un revenu supplémentaire.
Votre startup a connu une belle progression en seulement quelques années. Quels sont les chiffres clés à retenir ?
En 2023, nous avons levé 2,1 millions d’euros pour accélérer notre développement. Depuis notre lancement, nous avons déjà sauvé plus de 5 000 tonnes de denrées et nous sommes actuellement trente dans la structure. Notre ambition ? Revaloriser 30 000 tonnes de produits par an à horizon 2030. Notre objectif est clair : devenir le leader de l’anti-gaspi en France.
Quels sont les principaux canaux de distribution d’Atypique aujourd’hui ?
Nos principaux clients sont les restaurations collectives, publiques et privées, ainsi que les événements sportifs comme les marathons. Nous avons structuré notre logistique autour de trois hubs situés à Avignon, Lyon et Rungis, ce qui nous permet d’optimiser le transport et de garantir une distribution efficace sur tout le territoire.
Vos produits sont-ils tous issus de l’agriculture durable ?
Nous proposons une large gamme de produits HVE, bio et conventionnels, toujours de saison et à prix réduit. Ce qui est intéressant, c’est que 100 % de nos producteurs nous recommandent auprès de leurs pairs, ce qui montre que notre modèle répond à un besoin réel.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs qui veulent se lancer dans un projet à impact ?
L’entrepreneuriat doit être un choix mûri. Il faut des convictions, une idée bien pensée et surtout, ne pas être pressé. Beaucoup se lancent trop vite sans avoir testé leur concept. L’écoute du client est primordiale : le projet doit se construire autour de ses besoins. L’impact et la rentabilité ne sont pas incompatibles, il faut juste trouver le bon modèle.
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